Maghreb 2020

[Semaine 2] Émotions en pagaille, retour au bercail

En bord de mer, quelques bien pâles lueurs parsèment une chaussée jonchée de camping-cars à l’arrêt, mastodontes roulants échoués sur cette portion du littoral. Aux aguets devant ceux-ci, près de nos montures d’acier, nous fixons d’un air brumeux le poste-frontière de Ceuta. Nos corps engourdis ruissellent sous une fine pluie, sanglots hoquetants dont nous abreuvent les cieux depuis quelques jours. Seul le fracas des rouleaux méditerranéens vient briser par intermittence le lourd silence d’une nuit sans éclat. Épuisés mais soulagés, nous n’attendons qu’un geste de la police marocaine pour traverser la démarcation administrative, limite invisible dont le franchissement est devenu notre unique objectif des derniers jours.

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Maghreb 2020

[Semaine 1] Début du kif, à travers le Rif

Les gouttes de pluie tambourinent contre nos capuches, tandis que le vent s’y engouffre, gonflant celles-ci comme des ballons de baudruche. Des bicoques cubiques parent de beige la vallée verdoyante, dans laquelle seuls quelques minarets semblent pointer de leur flèche des cieux noircis, comme quémandant leur indulgence. Au loin, le Rif fait ondoyer ses vaguelettes minérales jusqu’au littoral méditerranéen, la fraîcheur de la bise venant piqueter nos pommettes rougies.

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Maghreb 2020

[Semaine 0] Pensées pré-vagabondages, à l’aube d’un nouveau voyage

Un disque laiteux se découpe au-dessus de la mer d’encre, en phare céleste guidant notre avancée. Sa clarté éclatante trace un sillon au milieu des flots, chemin lumineux invitant à se perdre dans l’inaccessible horizon. Bercée par le doux roulis de la Méditerranée, cette nuit de pleine lune résonne comme une incitation au voyage intérieur. De celui qui précède et accompagne les coups de pédale à venir, les vagabondages de l’âme répondant aux mouvements du corps.

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Andes 2017

[Semaine 18] This is the end…

Un oiseau métallique fend les cieux, quelque part au-dessus des flots grondants du Pacifique. Rivé-e-s dans nos baquets, bercé-e-s par la voix caverneuse de Jim Morrison nous certifiant de son célèbre refrain que l’heure est au retour, les images se succèdent tandis que nous engloutissons en 4 heures la distance qui nécessita 4 mois d’âpres efforts afin de se laisser parcourir. Les nombreux souvenirs, ancrés dans nos mémoires, cèdent la place à l’impatience d’un imminent retour aux sources.

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Andes 2017

[Semaine 17] Derniers instants piétons, retour à la maison

Posté sur la selle, le temps paraît s’écouler, linéaire, les secondes succédant aux secondes et les minutes aux minutes. Le paysage déploie ses volets colorés au gré des kilomètres, les roues enchaînent les circonvolutions tandis que les paupières tâchent de limiter tant que faire se peut les instants d’obscurité qu’elles imposent à une rétine gavée d’inconnu. Aussi, lorsque le décor se fige dans une sédentarité retrouvée –de plus ou moins courte durée–, le quotidien semble renouer avec sa faculté de modulation temporelle, dilatant ou contractant à l’envi ces tranches d’une journée, marquées du sceau du plaisir ou de l’ennui. Ayant, pour notre dernière semaine sur le continent américain, mis de côté pour de bon nos compagnons d’acier, nous avons eu l’occasion de redécouvrir ces toujours surprenantes propriétés.

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Andes 2017

[Semaine 16] Derniers coups de pédale, les vacances s’installent

La vie est un éternel recommencement. Le voyage ne déroge pas à la règle. Quatre mois après avoir franchi notre premier col andin, au terme d’une ascension de presque cinq jours, il est temps de franchir à nouveau la Cordillère d’est en ouest cette fois-ci, afin de rallier le territoire chilien, dernière étape du périple.

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Andes 2017

[Semaine 15] Rencontres enivrantes, chaleur accablante

« Pour aller loin, il faut ménager sa monture. » Nous avons fait nôtre cet adage en quittant la demeure de Luisa sur les coups de 16h, après deux semaines bien peu denses en vélo. Un départ à l’aube rendu impossible par un coucher tardif, il ne nous restait plus qu’à attendre que le mercure baisse quelque peu pour nous en aller pour un nombre de kilomètres forcément limité.

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Andes 2017

[Semaines 13 & 14] Deux semaines de volontariat, dans la chaleur de Catamarca

Si le nomadisme à bicyclette présente d’indéniables –et nombreuses– vertus, déjà énumérées au fil des lignes, il serait malhonnête d’affirmer qu’un quotidien sédentaire n’en comporte aucune, ainsi que nous avons pu le redécouvrir durant les deux semaines écoulées.

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Andes 2017

[Semaine 12] En bandes différentes, les routes on arpente

Des rais de lumière décorent la vallée de Catamarca, les réverbères des avenues dessinant des segments à la régularité implacable. Depuis les fenêtres du bus, nous observons les premières lueurs de la ville de San Fernando, laquelle constitue notre terminus. Les vélos débarqués et les corps engourdis, nous prenons place dans un angle du centre commercial qui jouxte la gare routière pour une nuit qui, à défaut d’être sombre, n’en sera pas moins appréciable. Un certain nombre d’heures auparavant, notre départ de Cafayate nous a paru bien plus simple que ce à quoi nous nous attendions, les deux bus nécessaires pour rallier notre destination s’étant parfaitement enchaînés et les six vélos ayant été chargés en soute sans coup férir.

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Andes 2017

[Semaine 11] En Argentine, la verdure s’affirme

La patience est une vertu indissociable du voyage à vélo, de par la lenteur inhérente au moyen de locomotion même, le paysage défilant à une vitesse lui permettant d’être apprécié depuis la selle, justifiant en partie le choix du deux-roues non motorisé. Dans le même temps, lorsque les jambes se font plus lourdes après une rude journée de pédalage, les bornes kilométriques se succèdent à un rythme modéré, l’objectif du jour semblant ne guère se rapprocher, mettant ainsi à l’épreuve le calme du cyclo-randonneur.

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